désertification médicale solutions

Le nécessaire développement de la téléconsultation

Après de nombreuses années d'expérimentations, la téléconsultation, qui est un système basé sur la consultation à distance notamment grâce à des photos envoyées au médecin et à un échange par téléphone ou visioconférence, risque de devenir dans quelques temps une réalité pour une grande partie des Français. En effet, depuis peu, l'Assurance maladie et les syndicats de médecins sont rentrés en négociation pour rembourser ce nouveau système de consultation médicale. Selon le gouvernement, en 2019, 500 000 téléconsultations devront être réalisées et le nombre risque encore d'augmenter dans les années suivantes.

Les premiers patients concernés par ces consultations à distance sont les personnes âgées et notamment celles qui résident dans un établissement d'hébergement spécialisé (EHPAD). Sans avoir besoin de se déplacer, elles peuvent d'ores et déjà être suivies par leur médecin ou spécialiste. Bien moins contraignant qu'une visite en cabinet, ces téléconsultations permettent de faciliter la vie des patients tout en améliorant la régularité des contrôles pour le corps médical.


Supprimer le numerus clausus ?

Le numérus clausus, qui désigne la fixation d'un nombre fixe d'étudiants admis dans certains cursus dans le domaine de la santé, a souvent été source de débat concernant sa suppression ou sa modification. Depuis de nombreuses années, il refait surface dans le débat public. Selon le député Olivier Véran, « le numerus clausus n'est qu'un instrument qui empêche les jeunes Français de faire médecine en France. Aujourd'hui, plus d'un quart des nouveaux inscrits à l'Ordre ont obtenu leur diplôme à l'étranger. On écarte précocement des étudiants brillants qui auraient fait d'excellents médecins pour finir par en retenir, voire chercher, d'autres dont la formation est inégale. »

Alors supprimer le numerus clausus est-il la solution pour endiguer le problème de la désertification médicale ? Pas forcément. En effet, selon Antoine Oudin, le président de l'Anemf (Association nationale des étudiants en médecine de France), le fait d'augmenter le nombre d'étudiants médecins n'est pas la bonne solution à adopter car les stages sont déjà surchargés et peu nombreux.

Inciter les jeunes médecins à s'installer dans les zones touchées par la désertification médicale

Une étude de 2015 du Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) a permis de mettre en lumière les facteurs jouant sur le choix d'installation des jeunes médecins généralistes. On apprend donc qu'ils souhaitent concilier leur carrière professionnelle et leur épanouissement personnel, ils sont à la recherche d'un équilibre entre vie professionnelle et vie publique. De ce fait, certaines villes présentent de meilleurs atouts par rapport à d'autres.


Cependant, il est possible d'attirer les jeunes médecins sur des zones sous-dotées en professionnels de santé. Pour ce faire, certains leviers d'action peuvent être enclenchés :

  • aider et accompagner les médecins généralistes expérimentés à accueillir des stagiaires dans leur zone touchée par la désertification médicale ;
  • communiquer et sensibiliser les jeunes médecins généralistes afin de faire la promotion de certains territoires et ainsi présenter leurs atouts (touristiques, culturels ou encore météorologiques) ;
  • compenser la faible attractivité d'un territoire en incitant financièrement les jeunes médecins à s'y installer ;
  • proposer une bourse d'étude et de projet professionnel aux étudiants en médecine qui s'engagent à s'installer dans une zone touchée par la désertification médicale.

Régler le problème de désertification médicale en France n'est donc pas chose aisé. Certaines solutions font débat quand d'autres augurent de bons espoirs. On retiendra notamment le développement des nouvelles technologies comme la téléconsultation dans le domaine de la santé.