manque médicaments record 2017

Un manque de médicaments

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé que près de 530 médicaments ont été déclarés en pénurie sur l’année 2017. C’est un record lorsque l’on sait combien ces ruptures de stock ont augmenté ces dernières années. En effet, les médicaments en rupture sont passés de 405 en 2016 à 530 l’année dernière, soit une hausse de 30 %. Avant cela, ils se portaient à seulement 44 en 2008, avant de stagner autour de 400 entre 2013 et 2016.

Il faut savoir que le moment à partir duquel un produit est considéré en rupture de stock existe dès lors qu’une pharmacie est en incapacité de le fournir sous 72 heures.


Légalement, lors d’une pénurie de médicaments, l’ANSM se doit d’anticiper et coordonner la situation. Devant être capable d’évaluer l’indisponibilité des produits, l’agence peut ensuite organiser les stocks et réduire les canaux de distribution dans le but de mieux gérer la pénurie. Du côté de la pharmacie, elle doit informer l’ANSM d’une quelconque rupture des stocks et au plus vite.

Des médicaments « importants »

Le problème supplémentaire qui se pose est que cette rupture concerne des médicaments « importants » pour les patients. On les appelle les MITM, c’est-à-dire qu’ils ont un intérêt thérapeutique majeur. Si l’on se réfère à la loi santé du 26 janvier 2016, ce manque de médicaments peut entraîner un « risque grave et immédiat » pour le patient.

Le pronostic vital des patients est alors en jeu et pour eux, cette pénurie est synonyme d’arrêt des soins, des traitements chroniques ou pour certains, cela peut même aller jusqu’à devoir reporter une opération.

Parmi ce manque de médicaments, les « anti-infectieux généraux » sont les plus touchés (20 %), c’est-à-dire ceux concernant les vaccins. Ensuite, on compte parmi cette pénurie les médicaments en lien avec le système nerveux (lutte contre l’épilepsie, la maladie de Parkinson…), les anticancéreux, etc.

Comment expliquer ces ruptures ?

Les premières explications de l’ANSM concernent une défaillance de l’outil de production dans 20 % des cas. Cette défaillance concerne les pannes d’équipement, les retards dans la fabrication des médicaments ou encore une possible « perte de savoir-faire », selon l’ANSM.

Parmi les autres raisons possibles, l’agence évoque une insuffisance de la capacité de production, un difficile approvisionnement en matières premières, etc.