Emmanuel Macron mutuelle étudiante

« Il est temps de mettre fin à cette exception française, inefficace et dispendieuse » le candidat à l’élection présidentielle a un avis bien tranché sur les mutuelles étudiantes. Comment veut-il les réformer ?

Des défaillances notoires ?

Au cours du congrès du syndicat étudiant FAGE (Fédération des associations générales étudiantes), François de Rugy, soutien d’Emmanuel Macron, a déclaré vouloir « que les étudiants ne soient pas soumis aux aléas de gestion des mutuelles ». En résumé, le camp Macron veut transférer la Sécurité sociale des étudiants : des mutuelles étudiantes (LMDE, SMENO…) au régime général de la Sécu. 2,5 millions d’étudiants seront touchés par cette réforme.


Ces mesures visent à gommer des dysfonctionnements soulevés par de nombreux organismes à l’instar de la Cour des comptes ou encore d’UFC-Que choisir. Ils dénoncent notamment des délais de remboursement parfois très long (jusqu’à un an), des retards dans l’obtention de la carte vitale et même des absences de réponses aux réclamations. La LMDE (835 000 affiliés), accablée par 35 millions d’euros de dettes, avait commencé, en 2015, à transférer certaines compétences à la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Le candidat à l’élection présidentielle veut faire de même avec les mutuelles étudiantes régionales « La proposition vise à aller au bout de la réforme engagée en 2015 » précise François de Rugy.

Une proposition qui fait débat

Le président de la FAGE, Jimmy Losfeld, se réjouit de cette proposition qui est pour lui une « nécessité ». Mais il apporte tout de même une précision en ce qui concerne les services proposés par la CNAM depuis qu’ils travaillent avec la LMDE « La MEP pour les étudiants de Provence-Alpes-Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon, et Vittavi, pour ceux d’Aquitaine et Midi-Pyrénées, occasionnent encore des délais allant jusqu’à six mois pour l’envoi d’une carte Vitale et pour certains délais de remboursement ».

Quant à Ahmed Hegazy, président d’Emevia (réseau national des mutuelles régionales), il ne décolère pas. Pour lui, il s’agit d’« injure faite à soixante ans au service des étudiants » et de promesses « démagogiques ». Même s’il reconnait quelques dérèglements locaux, il assure que son réseau apporte « un haut niveau de qualité de service » et « une expertise des problématiques étudiantes ». La présidente d’un autre syndicat étudiant, l’UNEF, se range du côté d’Ahmed Hegazy en estimant que « ce régime, en réalité déjà réformé, a vu sa qualité de service s’améliorer au cours des deux dernières années . Si des difficultés subsistent, elles sont plus à chercher dans la spécificité des parcours de vie d’étudiants encore mal appréhendés que dans les modalités de gestion des mutuelles »


Une question d’argent ?

Le responsable des études chez UFC-Que choisir, Mathieu Escot, apporte son point de vue sur la pérennité de ces mutuelles, malgré de nombreuses difficultés mises en exergue depuis maintenant bien longtemps « Si ce régime, qui avait tout son sens à sa création, en 1948, a perduré si longtemps malgré ses dysfonctionnements, cela tient en grande partie au fait que les mutuelles ont servi de source de financement aux syndicats étudiants . Mais depuis quelques années, la FAGE défend sa suppression, faisant contrepoids à l’UNEF ce qui change la donne ».

UFC-Que choisir souligne également un coût de gestion de moins de 5% pour l’Assurance maladie, là où il atteint les 17% pour les mutuelles étudiantes . « L’intégration au régime général serait une source d’économies conséquentes, de l’ordre de 50 millions d’euros . Car l’Assurance-maladie est bien plus efficace de par sa taille » précise Mathieu Escot.