prix consultation médecin généraliste

La dernière évolution tarifaire en matière de consultation médicale date de sept ans : les praticiens réclamaient une augmentation des prix, mais également de l'adaptabilité sur les différents types de consultation. Depuis le 1er mai, une nouvelle augmentation est entrée en vigueur : aller chez le médecin coûte désormais 25 euros et non plus 23 euros. Quels changements cela entraîne-t-il, pour les patients et pour les praticiens?

Avec ou sans mutuelle, quels impacts ?

Les Français ayant souscrit à une complémentaire santé ne verront aucune différence quant à la somme qu'ils devront débourser. La Sécurité sociale prendra toujours en charge 70% et la mutuelle 30% de la somme. La participation forfaitaire sera toujours d'un euro, sur les 25€ que demande dorénavant un passage chez le généraliste. 

A contrario, si vous n'avez pas de complémentaire santé, le passage chez le généraliste vous coûtera un peu plus cher qu'avant. « A court terme, cette augmentation sera indolore pour les patients qui bénéficient d'une mutuelle, soit 95% des Français. Pour les 5% non couverts, le reste à charge sur une consultation passera de 6.90€ à 7.50 €. » précise Julien Fillaud, DG de Mutuelle-conseil.com.

La question se pose alors pour l'avenir. Les mutuelles pourraient augmenter leurs prix, comme l'explique Julien Fillaud : « C'est en revanche à moyen terme, peut-être dès l'année prochaine, que les mutuelles pourraient répercuter cette hausse sur leurs tarifs. De fait, cette augmentation sera indirectement assumée par les assurés. ». C'est notamment à cause de l'augmentation de certaines consultations que le prix des complémentaires pourrait être revu à la hausse.

Des consultations à 60€

Certaines consultations, comme le suivi des personnes atteintes de maladies graves, pourront atteindre la somme de 60€. Les médecins auront ainsi la possibilité d'adapter le tarif d'une consultation s'ils estiment que celle-ci est complexe. C'est notamment dans ces conditions que les Français verront une augmentation de leur mutuelle : « si chaque organisme assureur aura sa propre politique tarifaire, il y a fort à parier que certains choisiront d'impacter les contrats en cours et d'épargner les nouveaux afin de rester attractifs. » commente le DG de Mutuelle-conseil.com.

Une mesure pour lutter contre les déserts médicaux ?

Plusieurs décisions ont été prises ces dernières années pour éradiquer, au maximum, les déserts médicaux : le développement des maisons de santé pluridisciplinaires, davantage d'étudiants admis en médecine, des allocations aux étudiants qui s'engagent à exercer dans ces zones, etc. Cette mesure serait-elle dans la même lignée ? Selon Jean Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France (FMF), « tous les voyants sont au rouge, les déserts médicaux s'étendent et ce n'est pas avec une pièce de deux euros qu'on changera la vie des généralistes », avant de surenchérir : « doubler les maisons de santé, c'est bien pour l'immobilier, mais s'il n'y a personne dedans ça ne sert à rien ».

Pour résumer, la FMF voit d'un bon œil cette augmentation, mais la juge tout de même trop faible : « ce n'est pas la révolution, mais la première étape avant une consultation à 40 € dans la moyenne des pays européens ».

Malgré une Assurance maladie qui reste forte, le budget santé des Français n'ayant pas de mutuelle ne cesse d'augmenter année après année.