Ford et suppression d'emplois

Hausse des prix des voitures pour compenser

Le constructeur automobile a déclaré que le résultat du référendum pourrait lui coûter 750 millions de livres, et s’est dit obligé de compenser en augmentant les travers les prix facturés aux clients.

En effet, la livre s’est dépréciée de 11 % par rapport au dollar, et la plus grande marque de voitures du Royaume-Uni anticipe un ralentissement des ventes sur le secteur, lui faisant perdre 150 millions cette année. Par ailleurs, les coûts de fabrication croîtront certainement, 60 % des pièces automobiles de Ford étant importées du continent.

Critiques des consommateurs pour l’utilisation du Brexit comme excuse

Comme Peugeot-Citroen et General Motors, Ford avance «l’incertitude» engendrée par le Brexit pour expliquer la hausse des prix et la compression de personnel, elle qui ne dispose plus que de deux sites de production en Grande-Bretagne.


Le constructeur pourrait s’attirer les foudres du public, qui avait blâmé Lloyds après son annonce de fermer 200 agences et de se séparer de 3000 salariés supplémentaires d’ici 2017. Les utilisateurs de Twitter ont même créé le hashtag #Brexecuses pour clasher la banque, dont les bénéfices semestriels en fin juin avaient plus que doublé, à 2,5 milliards £, avec l’absence des lourdes provisions liées à l’affaire des assurances de prêt immobilier vendues abusivement. Selon les critiques, la vraie raison est la généralisation des services bancaires en ligne. Ford laisse entendre pour sa part que la performance de l’économie britannique déterminera l’avenir de l’entreprise dans le pays.

Prévisions alarmistes concernant l’impact du Brexit ?

Les observateurs dénoncent l’utilisation du Brexit comme excuse pour tout programme de suppression d’emploi. Sur le marché automobile, la production automobile a atteint 900.000 unités pour le premier semestre 2016, soit +16 % par rapport à l’année dernière. Plus généralement, l’économie globale a défié les prévisions alarmistes autour du vote, avec une croissance du PIB de 0,6 % d’avril à juin, soit 0,3 % de plus que prévu.

Dans le reste du monde aussi, beaucoup pensent que les effets catastrophiques annoncés étaient exagérés. La banque centrale américaine vient ainsi de remonter ses taux d’intérêt, estimant que «les risques à court terme pour les perspectives économiques ont diminué ».