Mise en avant des banques anglaises

Hausse de l’exposition des banques

La bonne nouvelle est que des établissements tels que Lloyds et RBS semblent maîtriser l’impact financier d’une chute dans l’immobilier commercial, notamment parce qu’ils se sont progressivement retirés de ce secteur ces 10 dernières années, et ont renforcé leur bilan.

Selon les analystes de Bernstein, une chute des prix semblable à celle de 2008 se traduirait par une dépréciation globale de 965 millions de livres pour Lloyds et RBS. Cela représente environ 5 % des provisions passées pour indemniser les victimes des ventes abusives d’assurance emprunt.

Mais, historiquement, une forte baisse dans l’immobilier commercial s’accompagne toujours d’une chute des prix des biens immobiliers et d’une récession plus importante. Dans une telle situation, les banques seraient moins vulnérables vis-à-vis des promoteurs immobiliers, mais plus exposés face aux consommateurs et aux propriétaires.


Les marges des banques menacées

Plus généralement, selon des études de Goldman Sachs, un choc économique entrainerait davantage de défaillance en matière de prêts à la consommation et aux entreprises que l’immobilier commercial.

Cinq années de dépréciations des prêts dans l’immobilier dans sept banques atteindraient un total cumulé de 3,9 milliards de livres, soit seulement la moitié du bénéfice sous-jacent de Lloyds pour 2015. C’est moins inquiétant que les 6 milliards de livres de dépréciations cumulées enregistrées en matière de prêts hypothécaires, 17 milliards de livres pour les crédits à la consommation non hypothécaires et 11 milliards de livres pour les prêts aux entreprises.

Contrairement à l’immobilier commercial, ces branches ont été un élément clé des stratégies de croissance des banques britanniques ces dernières années. Les prêts hypothécaires aux candidats à la propriété propriétaires ont récemment progressé à des taux à deux chiffres, stimulés par un boom du logement et des subventions gouvernementales ; la croissance du crédit à la consommation a atteint en février son plus haut niveau en 11 ans ; les prêts aux entreprises sont passés au positif début 2015. Malgré tout, plusieurs menaces dues au ralentissement économique pèsent sur les banques.

Le plongeon des actions financières, qui ont cédé environ 10 % à l’indice FTSE 350 depuis le vote Brexit risque de se poursuivre. Et même si le choc économique est évité, il ne faudrait pas de beaucoup pour affecter les bénéfices des prêteurs.


On ne sait pas si de tels scénarios ont été pris en compte dans les évaluations des banques, mais S&P anticipe déjà une hausse des pertes de l’industrie du crédit, partant de 0,14 % des prêts en 2015 (environ 3,3 milliards de livres) à 0,45 % en 2017. Ces chiffres peuvent paraître minimes, mais ils seront probablement accompagnés d’une pression sur les marges, les banques étant incitées à continuer à prêter dans un contexte de recul des taux d’intérêt.