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Près de 50?000 postes supprimés depuis 2008

Après une première réduction d’effectifs (9000 emplois) en fin 2014, le groupe prévoit de fermer 200 agences. Si ces 3000 postes disparaissent effectivement, son effectif va tomber à environ 71.000, contre 120.000 en 2008. Le syndicat Unite déplore l’impact de ces « coupes sauvages » sur la qualité des services et annonce d’ores et déjà son intention de s’opposer à « tout départ forcé ».

Selon la banque, ce plan de suppression s’impose, notamment à cause de la généralisation des opérations bancaires en ligne par les clients, nouvelle habitude qui a fait baisser drastiquement la fréquentation des agences physiques.


Elle invoque également le probable du maintien des taux d’intérêt faibles à long terme. En effet, le vote du Brexit pourrait inciter la Banque d’Angleterre (BoE) à revoir son taux directeur afin de soutenir l’économie nationale, bien que celui-ci se situe depuis mars 2009 à un seuil historique de 0,50 %. L’objectif de la BoE est de permettre aux organismes financiers de conserver une marge correcte sur les prêts (surtout immobiliers), et par extension, des revenus suffisants.

Incertitude autour de l’impact du Brexit sur Lloyds et le secteur bancaire

Comme d’autres experts, le directeur général de Lloyds, António Horta-Osório, anticipe un ralentissement de la croissance au Royaume-Uni, entre autres conséquences de la décision des Britanniques de quitter l’Union Européenne. L’incertitude quant à l’issue des négociations avec l’UE et des changements qui vont suivre risque de peser lourdement sur le secteur.

Néanmoins, Lloyds serait assez solide pour résister, toujours selon M. Horta-Osório. Au premier semestre, son bénéfice net sur un an a doublé, passant de 874 millions de livres à 1,794 milliard (l’équivalent de 2,15 milliards d’euros).

Cette hausse provient essentiellement de l’absence des 1,4 milliard de livres de provisions passées en 2015 pour dédommager les victimes du scandale des ventes abusives d’assurance de prêt qui lui a coûté au total 16 milliards de livres (19 milliards d’euros). L’année dernière, elle avait également dû passer une charge exceptionnelle de 745 millions de livres relative à la cession à l’Espagnole Sabadell de 50 % du capital de la banque de détail britannique TSB.

Il reste que les chiffres communiqués par Lloyds datent en majeure partie d’avant le referendum (23 mai), alors qu’entretemps, le niveau de confiance général a nettement reculé, ce qui pourrait affecter ses résultats au-delà des prévisions.