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La fin d’un "quasi-monopole"

Le 12 janvier dernier, le Conseil Constitutionnel a validé la résiliation à échéance annuelle de l’assurance-emprunteur. Désormais, cette assurance liée aux prêts immobiliers est résiliable chaque année à date d’anniversaire et concerne l’ensemble des contrats actuels et futurs. Une libéralisation qui met à mal le monopole des banques dans le domaine.

Malgré les lois Lagarde et Hamon qui permettent à l’emprunteur de choisir un autre contrat d’assurance que celui proposé par la banque prêteuse et de changer de contrat pendant la première année de l’emprunt, les banques conservaient une marge importante avec leurs contrats groupe. Ce n’est désormais plus le cas et les assureurs sont déjà sur le devant de la scène.


Jusqu'à 10 000 euros d'économies pour les contrats individuels

Contrairement aux contrats de groupe proposés par les banques, les contrats individuels des assureurs seraient plus avantageux pour les emprunteurs au niveau du tarif. Des économies variant de 300 à 10 000 euros pendant la durée restante du prêt sont annoncées pour des garanties égales. Aujourd’hui, une étude réalisée par Accenture prévoit que 2 milliards d’euros de primes /an échapperont aux banques au profit des compagnies d’assurance.

Les emprunteurs susceptibles de bénéficier le mieux de cette nouvelle opportunité sont ceux en bonne santé, plutôt jeunes (moins de 40 ans) ou encore ceux disposant d’un patrimoine important. Des profils qui devraient payer moins cher pour un contrat individuel mais aussi des profils représentant 1/3 des emprunteurs français.

Cependant, si la résiliation annuelle est une véritable aubaine pour les emprunteurs, la même étude précise que près de 25% d’entre eux sont dans l’incapacité de rénégocier leur assurance à un meilleur prix. Les profils peu avantagés (personnes âgées, malades, à risque) qui disposent de garanties importantes, ne trouveront sûrement pas de meilleures offres que celles des contrats groupe.

Enfin, les banques prévoient déjà un plan d’attaque afin de conserver leurs clients les plus importants, plan qui se base sur l’anticipation des départs : contacter les emprunteurs avant qu’ils ne décident de résilier leur assurance-emprunteur en leur proposant, pourquoi pas, une baisse des tarifs des contrats de groupe. De nouveaux services et des produits annexes sont également envisagés pour fidéliser des clients qui détiennent bien souvent plus que leur crédit immobilier.

Dans tous les cas, c'est bien le consommateur qui en sortira gagnant de cette nouvelle guerre entre assureurs et banques. Une bonne nouvelle donc !