couverture auto

Covoiturage, services d’autopartage, généralisation des voitures autonomes… Autant de réformes qui changent la donne quant à la place de l’automobile dans la société. Ces évolutions chambouleront inévitablement aussi l’activité des assureurs qui sont contraints de s’adapter au plus vite. Explications !

Du véhicule à la personne

L’automobile perd du terrain et le phénomène va sans doute s’accélérer. En effet, l’essor du covoiturage, de la location de voitures entre particuliers et de l’autopartage contribue grandement à l’expansion du phénomène. Ces évolutions frappent de plein fouet l’activité des compagnies d’assurance.

En effet, cette nouvelle économie « collaborative » engendre une transformation des risques à couvrir. Pour les assureurs, l’enjeu est désormais d’assurer un usage et non plus la propriété d’un véhicule. Il leur importera ainsi de trouver une formule où, au cours d’une même journée, une personne change fréquemment de véhicules tout en restant couverte en permanence.


Patrick Degiovanni, directeur général adjoint de la compagnie Pacifica (filiale du groupe Crédit Agricole Assurances) explique qu’en termes de responsabilité civile, les assureurs auront intérêt à passer d’une couverture dédiée à un véhicule à un contrat lié à un particulier, potentiellement conducteur de plusieurs véhicules.

La voiture autonome, bête noire des assureurs ?

Avec la prochaine généralisation des voitures intelligentes, une grande partie du chiffre d’affaires des assureurs pourrait partir en fumée. En effet, l’essor de tels véhicules connectés devrait contribuer à la baisse drastique des accidents routiers qui sont occasionnés par une erreur humaine dans 90% des cas.

Or, un fort recul du taux de sinistralité engendre inévitablement une réduction des cotisations pour les assurés qui, in fine, conduit à un écroulement du chiffre d’affaires des assureurs. Ce changement n’est certes pas pour l’immédiat vu que les voitures autonomes ne sont encore pour l’instant qu’en phase de test.

D’autant plus que parallèlement, la règlementation devra évoluer, ce qui sera complexe car la détermination des responsabilités en cas d’accidents s’annonce délicat. De surcroît, assurer son auto connectée sera encore nécessaire, notamment contre le vol, le piratage…

D’ailleurs, l’assurance des cyberrisques augure d’un marché prometteur. Par contre, l’ennemi le plus imminent des assureurs sont les technologies anticollision qui réduisent considérablement la sinistralité. Enfin, la situation pourrait davantage s’empirer du fait que le marché lui-même est susceptible de changer de configuration.

Il est tout à fait plausible que les développeurs eux-mêmes assurent les véhicules autonomes qu’ils commercialiseront. Au lieu de s’adresser directement aux particuliers, les compagnies d’assurance devront ainsi négocier et passer par les grands constructeurs. Combien trouveront leur place un sur un tel marché B to B ?