privatisation radar embarqué

Pourquoi opter pour la privatisation ?

Ce n'est pas moins de 383 voitures banalisées et équipées de radars qui sillonnent nos routes. Le radar en lui-même est dissimulé sous la plaque d'immatriculation, alors que l'appareil photo essaye de se faire discret, masqué par le pare-brise.

Jusqu'à présent, ces véhicules, qui flashent 1,5 million d'automobilistes par an, étaient gérés par la police ou la gendarmerie. A cause du manque de moyens humains, ces voitures ne roulaient qu'un peu plus d'une heure par jour. Ainsi, le gouvernement a pris la décision de «libérer du temps de travail pour les forces de l'ordre (équivalentes à 400 emplois temps plein), qu'elles consacreront à des tâches plus en rapport avec leur qualification au profit de la lutte contre l'insécurité routière, comme la recherche des conduites en état d'ivresse ou après prise de stupéfiants, la lutte contre la délinquance et la protection de la population ».

Quelle mise en œuvre ?

Depuis le 24 février dernier, une expérimentation est lancée en Normandie : les véhicules banalisés sont pilotés par des chauffeurs privés. Le but, en plus de libérer du temps pour les forces de l'ordre, est d'augmenter le nombre de radars embarqués. Celui-ci devrait atteindre les 450 en 2018. Les véhicules pourront également rouler plus longtemps, en atteignant les 8 heures par jour. Les chauffeurs suivront un itinéraire prédéterminé par la police et les sociétés n'auront pas accès aux informations des conducteurs flashés. L'Etat, qui a déjà lancé des appels d'offres, compte couvrir tout le territoire pour le 1er septembre 2017.

Le mécontentement de certains automobilistes

« La privatisation des radars embarqués n'a d'autre but que de générer, grâce aux amendes issues des contraventions, d'importantes sommes d'argent qui finiront dans les caisses de l'État […] En revanche, il n'existe aucune preuve que cette mesure ait un quelconque effet positif sur la sécurité routière » souligne Daniel Quero, président de 40 millions d'automobilistes.

L'Etat rétorque alors, par la voix d'Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière : « Il y a dans le refrain radars pompes à fric une profonde erreur car les chiffres démontrent complètement le contraire. Les radars, tous confondus, ont rapporté 920 millions d'euros l'an dernier, alors que l'Etat prévoit, dans le projet de loi de finances 2017, 3,3 milliards d'euros de dépenses pour la sécurité routière. Si le but était de gagner de l'argent, nous serions très très loin du compte ».

Par cette mesure, l'Etat veut donc baisser la mortalité routière qui a augmenté ces trois dernières années. Il est estimé que cette privatisation engendrera environ 12 millions de PV par an.